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Le tissage au Burkina Faso : entre traditions et (r)évolution technique.

TROUVÉ Mélanie
2020
ENSCI – Les Ateliers
Paris
Sous la direction de Camille Saint-Jacques

Abstract
En plus d’être un savoir-faire ancestral, le tissage est un levier de développement économique et social pour de nombreuses populations au Burkina Faso. Je m’envole à Ouagadougou et pars à la rencontre des femmes, des tisserandes et des artisans. Bribes de discussions, portraits photographiques et anecdotes pleines de vie viennent nourrir l’histoire méconnue du tissage au Pays des Hommes Intègres. Les interactions chaleureuses qui rythment mon enquête me permettent de répondre aux question suivantes : comment la pratique du tissage permet-elle aux femmes de s’émanciper au Burkina Faso ? Comment l’artisanat et l’industrie textile cohabitent-ils au sein d’un même territoire ? Comment mon savoir-faire créatif peut-il être bénéfique à des populations défavorisées ?

Méthodologie
Je décide d’employer le temps qui m’est accordé pour enquêter sur un espace au sein duquel se rencontrent 2 entités qui m’animent : design et solidarité. D’abord plongée dans des lectures théoriques à propos de l’empathie, le don ou du design collaboratif, je me rends rapidement compte que j’ai besoin de me confronter à expérience de terrain. Ma rencontre avec Mariette d’Afrika Tiss en décembre 2018 donne un nouvel élan à mes recherches. Je m’engage dans un service civique à ses côtés pendant 8 mois : 4 mois à Paris et 4 mois à Ouagadougou.

Je profite des mois où je travaille à Paris constituer le squelette théorique de mon mémoire : je collecte des documents, j’étudie l’histoire… Je m’appuis donc principalement sur les écrits anthropologique, ethnologique et historique d’Anne Grosfilley, Michel Coquet et Jocelyne Etienne-Nuugue que je complète de podcasts, conférences, documentaires etc.

À partir de mai, je m’envole pour le Burkina Faso et ma recherche prend une nouvelle dimension, plus sensible et plus humaine. Je discute, j’observe, je photographie. Je me laisse porter par les rencontres que je fais. Le contenu théorique est une trame horizontale que je croise avec les voix des tisserandes, des voisins, des amis des marchands : les citations et les témoignages verticaux rythment les pages et appuient mon propos. Finalement, dans mon mémoire se rencontrent différents supports : photographies, textes, citations, images, tissus, repères historiques/géographiques, documents d’archives à la croisée de la sociologie, de la politique, de l’histoire, de l’anthropologie et du design pour tisser le récit entre tradition et transformation du tissage au Burkina Faso.